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La poésie : lyrisme, épopée et satire

A l'occasion de la Journée mondiale de la poésie qui a lieu tous les 21 mars, la CASDEN vous propose autour de cette thématique une sélection d’ouvrages de la littérature française téléchargeables gratuitement, assortis de leur fiche de lecture.

L’origine de la poésie

A l’origine texte en prose utilisant le rythme pour faciliter la mémorisation et la transmission, la poésie (Voir le Clin d’œil N°1) est la première expression littéraire de l’humanité. Considérée, dans toutes les cultures, comme d’inspiration divine et magique, elle apparaît d’abord dans un cadre religieux et social.

Dans l’Antiquité grecque, la poésie est étroitement liée aux dieux de la mythologie, notamment à Apollon et aux 9 muses (Voir Le Saviez-vous N°1). Apollon est le dieu du chant, de la musique et de la poésie. Représenté fréquemment avec une lyre (appelée alors  phorminx), il conduit le cortège des muses, inspiratrices des poètes, et est, pour cela, appelé « musagète ». Ainsi, dès le début, la poésie est-elle étroitement liée au chant et à la musique.

Thème 3 : Poesie lyrisme epopee satire_picto
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Calliope, appelée aussi « Belle voix » est la muse de l’Eloquence et de la Poésie. La figure du poète est incarnée par son fils, Orphée (Voir Le Saviez-vous N°2), prince légendaire de Thrace, poète, musicien et chanteur, dont le génie était tel qu’on disait qu’il charmait même les bêtes sauvages.

Les poètes grecs, appelés aèdes, chantaient leurs poèmes, textes écrits en prose, en s’accompagnant de la lyre. C’étaient en fait des chantres. Les premiers furent des prêtres et la première forme de poésie fut un hymne (chant religieux). Plus tard, la classe des aèdes se dissocia de celle des prêtres. Les poètes parcouraient alors les villes et fréquentaient les maisons des rois et des personnages en vue, où ils continuaient de chanter les louanges des dieux, mais aussi célébraient les exploits des héros et les grands évènements politiques ou militaires. Comme ils chantaient leurs poèmes, accompagnés d’un instrument, c’est sans doute pour faciliter leur mémorisation, qu’ils finirent par utiliser des moyens mnémotechniques tels que le vers scandé par la rime, la régularité du rythme, les assonances et les allitérations que nous connaissons aujourd’hui en versification. Le plus célèbre des aèdes grecs était Homère. Des écoles de poésie furent créées. Certains aèdes finirent par chanter les œuvres d’autrui plutôt que leurs propres œuvres. Ces chantres, qui apparurent au VII° avant J-C, furent appelés rhapsodes. Ils ne s’accompagnaient d’aucun instrument, mais se tenaient debout, un rameau de laurier à la main, symbole d’Apollon. Les premiers poèmes de leur répertoire furent ceux d’Homère.

 

Par la suite, les philosophes grecs ont essayé de définir le champ de la poésie. C’est ainsi qu’Aristote a identifié, dans sa « Poétique », trois genres poétiques : la poésie épique, la poésie dramatique et la poésie comique. Plus tard, les théoriciens de l’esthétique retiendront la poésie épique (ou épopée), la poésie lyrique et la poésie dramatique, incluant la tragédie et la comédie et poseront l’utilisation du vers comme première caractéristique de la poésie, la différenciant ainsi de la prose. Les romains (I° av. J.C. – II° après J.C) ont hérité de ces trois genres auxquels ils ont ajouté : la poésie philosophique (avec Lucrèce) et la poésie satirique (avec Juvénal).

Dans cette étude, nous retiendrons trois registres présents dans les œuvres des poètes de notre corpus, à savoir : la poésie lyrique, la poésie épique et la poésie satirique.

 

La poésie épique

Les chants des anciens aèdes furent sans doute les premiers rudiments de l’épopée héroïque.  En effet, le mot même tiré du grec « Epos » signifie « récit ou parole d’un chant » (Voir le Clin d’œil N°1). L’Iliade et L’Odyssée d’Homère, écrites vers le IX° ou X° avant J.C, sont les deux premières épopées grecques.

 

Le poème épique sous forme d’épopée est un long poème, d’envergure nationale, narrant les exploits historiques ou mythiques d’un héros ou d’un peuple. Les évènements historiques sont généralement mêlés à des légendes ou à des héros magnifiés, afin de leur accorder une grandeur ou une force extraordinaire. C’est pourquoi, le poème épique est toujours empreint de merveilleux. Le héros de l’épopée est toujours un personnage d’une grande importance nationale ou internationale, ayant un impact historique ou légendaire très fort. La trame du récit peut être résumée en trois étapes : le départ pour un long voyage ou une quête compliquée ; le combat contre ceux qui veulent le tuer ou l’empêcher de poursuivre son voyage ; le retour chez lui considérablement transformé par ses aventures.

 

La poésie épique sous forme d’épopée n’a pas fait date dans l’histoire de la littérature française. Citons les épopées médiévales, comme les chansons de geste qui célèbrent les idéaux de la Chevalerie (La Chanson de Roland) (Voir le Saviez-vous N° 3), le projet de La Franciade, finalement abandonné par  Ronsard ou La Henriade de Voltaire. Ce genre a peu à peu été remplacé par le roman. Par contre, au XIX°, les romantiques ont essayé de lui redonner un souffle nouveau et ont écrit des poèmes de tonalité épique, comme nous le verrons, par exemple, dans Les Trophéesd’Heredia et La Légende des sièclesd’Hugo. D’autre part, nous devons à Hugo d’avoir défini, dans sa préface de La légende des siècles, l’épopée « visionnaire », forme moderne de l’épopée, grand poème narratif débarrassé du merveilleux.

 

La poésie lyrique

La poésie lyrique (Voir le Clin d’œil N°3), quant à elle, s’est développée dans l’île de Lesbos, vers le VII° avant J.C. Archiloque de Paros en est une des plus grandes figures. Au début, encore apparentée à la tradition épique, en ce sens qu’elle exprimait les sentiments d’un groupe ou d’une collectivité, la poésie lyrique devient plus personnelle avec la poétesse Sappho qui, à l’instar d’Orphée, chante l’amour.  C’est elle qui a donné une place centrale aux évènements intimes de l’individu : l’amour, la joie, la mort, la douleur.

 

La poésie lyrique ne peut donc s’épanouir que dans une société et une littérature qui accordent une grande importance à l’individu et à sa liberté d’exprimer sa subjectivité. C’est pourquoi, elle a connu, en France, tantôt des périodes fastes, tantôt des périodes de déclin. Elle y apparait au Moyen Age, chantée par les trouvères et les troubadours, à travers de nombreuses formes associant au poème la musique et la danse (chansons de toile, pastourelles, sérénades, ballades, lais, etc.). Son thème dominant est  l’amour courtois. Au XIII° et XIV°, elle devient plus personnelle avec Rutebeuf et François Villon. Au XVI°, elle multiplie ses sources d’inspiration par la relecture des poètes de l’Antiquité et par l’influence de la littérature italienne. Grâce aux poètes de La Pléiade (dont Ronsard), l’ode (poème de louange, proche de l’hymne) et le sonnet lui ouvrent un nouvel espace formel. Au XVII°, la valorisation de la figure de « l’honnête homme » (Voir Le Saviez-vous N° 5 du Thème 2)  et la mise en exergue des valeurs d’ordre et de hiérarchie entraîne le déclin de la poésie lyrique. Le lyrisme se réfugie alors hors de la poésie, comme, par exemple, au théâtre (Voir les tragédies de Corneille et de Racine). Fin du XVIII°-Début du XIX°, les préromantiques et les romantiques assurent le renouveau de la poésie lyrique en émancipant leur écriture (dislocation de l’alexandrin, etc.). De plus, en mêlant les genres, ils finissent par faire pénétrer le lyrisme dans la littérature entière : poésie, théâtre et roman. L’œuvre de Hugo montre bien les trois domaines du nouveau lyrisme : poésie (Les Contemplations), théâtre (Hernani) ; roman (Notre-Dame de Paris). Durant la 2èmemoitié du XIX°, la poésie lyrique va connaître une succession de remises en cause, comme nous le verrons avec Baudelaire, Verlaine et Rimbaud.

 

La poésie satirique

Le mot « satire »  est issu d’un mot latin « satura », littéralement « pot-pourri ». Il désignait d’abord « la réunion des différents fruits que l’on offrait à Cérès » et par la suite « un mélange de vers inégaux ». Du fait de cette étymologie, on a attribué la paternité de la satire au poète archaïque latin Lucilius. Mais, par la suite, on s’est rendu compte que la poésie satirique existait déjà en Grèce antique. La première poésie satirique grecque a été écrite par le grand poète lyrique, Archiloque de Paros. Cependant, la poésie satirique est typique de la littérature latine et compte de nombreux poètes, comme Horace, Perse, Sénèque ou Juvenal. Elle est la représentation critique des vices et des ridicules des hommes, qu’il s’agisse d’individus, de groupes sociaux ou de toute une société. S’étendant à tout ce qui échappe à la loi et au châtiment, elle s’érige en tribunal de mœurs. Elle agit comme un mécanisme de sanction et de réparation par le rire. La tonalité y est bien souvent ironique ou humoristique.

 

En France, la poésie satirique est absente pendant toute la période médiévale. Par contre, la réédition des satiristes latins en Italie au XIV° et l’influence italienne en France va faire renaître ce genre au XVI° avec Mathurin Régnier et Agrippa d’Aubigné. La poésie satirique se divise alors en deux grandes familles : la poésie satirique, imitée d’Horace, marquée par l’humour et la quête d’une sagesse individuelle et la poésie satirique, imitée de Juvénal, grandiose et politique, dont l’indignation recourt à un comique outré et grinçant. Notons que c’est Ronsard qui a créé avec ses Discours, la grande satire politique. Au XVII°, alors que le classicisme prend ses modèles dans l’Antiquité, l’éthos satirique va à l’encontre des valeurs politiques, sociales et littéraires qui définissent les idéaux du classicisme et de la civilité. La poésie satirique reste entachée par le préjugé défavorable qui s’attache au rire et au comique. C’est ainsi que, mis à part les Satiresde Boileau,  elle s’éteint sous le règne de Louis XIV. Quant au XVIII°, malgré le succès des poésies satiriques  d’André Chénier et de Voltaire, elle s’efface en tant que genre littéraire. Mais l’esprit satirique reste présent dans la poésie, comme il a toujours existé depuis le début de la poésie, esprit que l’on retrouve dans Le Roman de renard (Moyen Age), Les Epigrammes de Clément Marot (XVI°), Les Fables de La Fontaine (XVII°),  les Caractèresde la Bruyère (XVII°) ou les Lettres persanes de Montesquieu (XVIII)°). Mais, dans ces œuvres, l’objectif n’est pas uniquement satirique, il est bien souvent didactique. Quant à la satire, elle n’est plus l’apanage de la poésie : elle prend des formes diverses : poème, récit, essai et surtout théâtre qui devient, avec Molière, son lieu privilégié. Elle devient transversale à tous les genres. Au XIX°, on retrouve la poésie satirique : politique avec Hugo ou sociale avec Baudelaire, Verlaine ou Rimbaud.

 

Le corpus du mois :
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  • Oeuvres choisies (Odes), Ronsard
  • Les Contemplations T1, Hugo
  • Les Contemplations T2, Hugo
  • La Légende des siècles T1, Hugo
  • La Légende des siècles T2, Hugo
  • Les Fleurs du mal, Baudelaire
  • Le Speen de Paris, Baudelaire
  • Les Trophées , Heredia
  • Oeuvres complètes T1, Verlaine
  • Oeuvres complètes T2, Verlaine
  • Une Saison en enfer, Rimbaud
  • Iluminations, Rimbaud

 

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Téléchargez tous les extraits (pdf)

Le saviez-vous :
  • Vous entendez souvent l’expression « le poète et sa muse », mais savez-vous qui étaient les  muses ? 
  • Vous connaissez l’opérette d’Offenbach, «Orphée aux Enfers », mais connaissez-vous l’histoire d’Orphée ?
  • Savez-vous ce qu’est une chanson de geste ?
  • Savez-vous ce qu’est l’élégie par rapport à la poésie lyrique ?
  • Savez-vous que Verlaine et Rimbaud étaient amants ?

Téléchargez les saviez-vous (pdf)

Clin d'oeil :
  • La poésie, l’épopée et la création
  • Muses et moyen mnémotechnique
  • Le mot « lyre » et ses dérivés
  • La fuite du temps et le « carpe diem »
  • Le spleen et la théorie des humeurs

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Quiz sur Poésie: lyrisme, épopée et satire :

Téléchargez le quiz (pdf)


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