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Réforme territoriale : un impact fort sur l’emploi

Le « big bang » territorial rime avec rationalisation. Résultat : une faible progression des recrutements, sauf dans les intercommunalités. Les effets sont différents selon les types de métiers.

 

Le dernier baromètre des bourses de l’emploi public local, réalisé par la Fédération nationale des centres de gestion (FNCDG) et l’Association nationale des directeurs et directeurs adjoints des centres de gestion (ANDCDG)(1), l’atteste : le nombre de postes proposés entre 2014 et 2016 a cru de 5,8 %… Une progression faible dont les contrastes révèlent, certes, les grands courants démographiques et sociétaux, mais aussi les mouvements de réforme actuels. Rappelons que selon l’enquête HoRHizons 2016(2), la réorganisation concerne deux-tiers des collectivités, et jusqu’à 91% des intercommunalités, par mutualisation, fusion, intégration et/ou changement de statut.

Les intercommunalités ont le vent en poupe

 

Les intercommunalités, « boostées » par la loi « Notre », affichent une hausse globale de 14,2%, soit 14 500 postes ouverts en 2016.

« A contrario, et tout à leur fusion ordonnée par la loi de 2015, les régions reconsidèrent à la baisse leurs recrutements à temps complet (- 23,6%, et près d’un tiers de propositions en moins rien que pour la catégorie A) tandis que les départements (- 5,5%) se recentrent sur leur cœur de métier avec une forte « poussée » des travailleurs sociaux », précise Benjamin Reymond, chef de service « Analyse et Prospective sociales dans la FPT» au Centre interdépartemental de gestion (CIG) de la Grande Couronne.

 
Attention aux faux espoirs

Selon HoRHizons 2016, la part des collectivités qui envisagent de recruter en 2017 reste faible (23%). « Moins synonymes de recrutements que de transformations des métiers, les réorganisations impliquent surtout de fortes évolutions de compétences et jouent essentiellement sur la mobilité interne », prévient Christophe Lepage rappelant qu’entre 2013 et 2018, le Répertoire des métiers ne s’enrichira que d’une quinzaine de nouvelles fiches !

Les métiers à la hausse

 

Car la réorganisation territoriale se traduit aussi dans les dynamiques métier. Ainsi, la collecte et le traitement des déchets, compétence obligatoire au 1er janvier 2017, explique l’augmentation de plus de 65% des agents de collecte en intercommunalité (205 postes en 2016 contre 124 en 2015). En lien avec la métropolisation se lit aussi la montée en puissance des chargés de développement territorial et économique, ingénierie de projets complexes dont les propositions à temps complet ont été doublés en 2016 par rapport à 2014.

« La recherche d’expertise dans les « fonctions supports » témoigne également des logiques en cours », souligne le directeur de l’observation prospective des emplois, des métiers et des compétences du CNFPT, Christophe Lepage. Particulièrement notable en matière de gestion des ressources humaines (203 postes offerts en 2016, soit + 52,6% sur un an), cette croissance est pareillement marquée pour les chargés de la commande publique (+ 23%, toutes collectivités confondues), « principalement des profils de catégorie A auxquels revient l’organisation de la mutualisation », détaille Benjamin Reymond.

Enfin, « fusion et mutualisation étant souvent le moment de s’interroger sur l’efficience des services publics, les parcours de type « contrôleur de gestion », « chargé d’évaluation des politiques publiques » ou encore « conseiller en organisation » se voient recherchés dans toutes les grandes collectivités », note Christophe Lepage.

 
Chiffres

60 241 postes ont été proposés à temps complet via les bourses de l’emploi public local (chiffres entre 2014 et 2016), soit :

  • 34 777 issus du « bloc communal » (+ 5,9 %)
  • 14 454 issus des intercommunalités (+ 14,2 %)
  • 1 574 issus des régions (- 23,6 %)
  • 5 991 issus des départements (- 5,5 %)

 

Laurence Denès, Le Réseau Service Public

 

 

 

 

(1)  À partir des offres d’emploi publiées sur www.rdvemploipublic.fr

(2)  HoRHizons 2016, est une enquête du CSA menée par l’Association des maires de France (AMF), le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT), la Fédération nationale des centres de gestion (FNCDG), l’Assemblée des départements de France (ADF) et Régions de France, avec la participation du Conseil supérieur de la FPT (CSFPT). Pour consulter le baromètre, cliquez ici

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