Chauffage : et si vous passiez au « tout bois » ?
Chauffage : et si vous passiez au « tout bois » ?
05 octobre 2023

Chauffage : et si vous passiez au « tout bois » ?

Chauffer au bois votre maison vous tente ? Voici un tour d’horizon sur les conditions d’installation, les différents systèmes existants, l’investissement et les économies représentées ainsi que les aides proposées en 2023.

 

 

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Quels avantages à passer au tout bois ?

Plus écologique que les énergies fossiles, le chauffage au bois n’est certes pas une énergie absolument propre : il génère des émissions polluantes dans l’atmosphère comme des particules fines -les « coupables » sont surtout les cheminées ouvertes, les appareils fermés étant moins émetteurs. Mais il reste une énergie renouvelable, qui peut être produite en France, et n’émet pas de CO2.

C’est aussi un chauffage économique. En 2022, il n’a pourtant pas échappé à la flambée globale des prix de l’énergie. L’inflation du prix des matières premières, a fait grimper son prix, phénomène aggravé par le report vers ce combustible de nombreux consommateurs. Selon l’ADEME*, le prix du sac de granulés vendu au détail a grimpé de +131,9 % en un an en 2022, atteignant 747 € ; tandis que le stère de bûches (33 cm) augmentait plus raisonnablement de 7,3 %, à 88 € en moyenne, une hausse moindre que celle des énergies fossiles. Se chauffer au bois reste cependant une bonne affaire : les prix des granulés redescendent en douceur en 2023, et la fin prochaine du bouclier tarifaire continuera de maintenir l’écart avec le prix du gaz et de l’électricité.

Il a aussi l’avantage, en tant qu’énergie renouvelable, d’être aidé à l’installation. Aussi, à l’approche des premiers froids, vous vous interrogez : pourquoi ne pas vous convertir au chauffage bois pour toute la maison ? C’est possible, si ce choix convient à votre logement, vos besoins et votre budget.

*  Source ADEMEEnquête sur les combustibles bois en 2022, rapport publié en mars 2023– Extrait de l’enquête réalisée par CODA Stratégies sur l’évolution des prix des combustibles bois livrés (Avec livraison, en euros TTC/stère pour les bûches et euros TTC/tonne pour les sacs de granulés)

Le chauffage bois comme chauffage principal : oui si…

Vous partez de zéro ou remplacez un chauffage central

À moins que vous équipiez une maison neuve, vous devez avant tout prendre en compte votre système de chauffage actuel.

  • Vous êtes équipé d’un chauffage central avec une chaudière au fioul ou au gaz alimentant des radiateurs : vous pouvez en changer pour chauffer toute votre maison avec une chaudière à bois ou un poêle à bois équipé d’un bouilleur, que vous raccorderez à votre circuit de chauffage et au ballon d’eau chaude pour l’eau chaude sanitaire.
  • Si vous êtes chauffé à l’électricité, avec des radiateurs électriques, vous ne pourrez pas exploiter le système de chauffage et/ou d’eau chaude sanitaire existant. Pour installer quand même une chaudière bois, il vous faudra installer un nouveau circuit de chauffage, avec des radiateurs ou un plancher chauffant, pour un coût global assez lourd.

 

 … ou utilisez un poêle en chauffage principal

Même en gardant vos convecteurs électriques, il reste possible d’utiliser le poêle comme énergie principale pour une habitation ne dépassant pas 100 m2 -dans ce cas, ce sont vos radiateurs électriques qui serviront d’appoint. Plus, le cas échéant, un insert et/ou une cheminée à foyer fermé

Si votre logement fait plus de 100 m2, vous pouvez installer un deuxième poêle, ou choisir un autre système de chauffage en complément.

 

Votre logement coche toutes les autres cases pour être chauffé au bois

  • Vous êtes bien isolé. C’est un pré-requis : rien ne sert d’installer un nouveau chauffage même performant si la chaleur s’échappe de votre logement ! Dans le cas contraire, commencez par des travaux d’isolation…
  • Vous disposez d’un emplacement possible pour un poêle dans une pièce à vivre. Installer votre appareil qui rayonnera de la chaleur dans un lieu central du logement, où vous passez le plus de temps, va vous aider à vous en servir de chauffage principal.
  • Vous avez un espace suffisant pour le stockage à l’abri de vos bûches ou vos pellets ; et à l’intérieur pour un rangement des bûches près de l’appareil.
  • Votre logement est déjà équipé d’un conduit d’évacuation des fumées ou il vous est possible d’en faire installer un.

Vous remplissez ces conditions ? C’est le moment de comparer les différents modes de chauffage au bois.

 

Fonctionnement, performances et coûts comparés

L’insert ou la cheminée à foyer fermé.
Un insert est un tube métallique inséré dans le foyer ouvert d’une cheminée existante pour créer un foyer fermé. Une cheminée à foyer fermée est déjà équipée d’un tuyau d’évacuation des fumées. Dans les deux cas, le foyer fermé offre un système de chauffage moins polluant qu’une cheminée ouverte traditionnelle et beaucoup plus performant : la diffusion de la chaleur est optimisée dans toute la pièce. Mais il reste limité au chauffage d’appoint, pour la pièce où il est installé. Le prix d’un insert peut atteindre 5 000€. Il faut y ajouter le prix de la pose (jusqu’à 5000 € pour une cheminée).

Le poêle ou la cuisinière à bois
Les poêles se montrent très performants en termes de puissance et rendement. En chauffage principal, ils peuvent chauffer de très grands espaces. On estime à 1 kW le besoin de chauffage pour 25 m3 (soit 10 m² à la hauteur de plafond standard de 2,50 m). Un poêle de 10 kW sera donc adapté à un espace bien isolé de 100 m². Avec plus de hauteur de plafond, il vous faudra un modèle un peu plus puissant.

Poêle ou cuisinière ?
Leur fonctionnement est le même : le bois brûlé dans le foyer crée de la chaleur par rayonnement de l’appareil, puis par convection (l’air froid de la pièce se mélange à l’air chaud). Particularité de la cuisinière : elle permet de cuisiner, grâce à son four intégré ! Mais il ne fonctionne que lorsqu’elle chauffe, ce qui n’est pas le cas en été.
L’une et l’autre, équipés d’un bouilleur remplaçant la chaudière, chaufferont toute la maison et l’eau sanitaire. Sans bouilleur, on peut leur adjoindre des récupérateurs de chaleur raccordé à un réseau VMC, distribuant l’air chauffé dans la pièce dans les autres pièces de la maison.

A bois ou à granulés ?
Les appareils à granulés ont le meilleur rendement énergétique. Le rendement est la différence entre l’énergie générée par le poêle et celle qu’il consomme : plus elle est élevée, plus vos économies d’énergie sont importantes. Les poêles ou cuisinières à bois-bûches ont un très bon rendement de 80 %. Mais à granulés, ils atteignent  près de 95 %. Revers de leur médaille : les granulés de bois sont plus chers à l’achat que les bûches.

Et leurs coûts ?
Ils varient beaucoup selon les modèles, les puissances, les types de combustibles. Un poêle à granulés, entre 4 000 et 6 000 €, coûtera deux fois plus cher qu’un poêle à bûches vendu entre 1 500 et 3 000 €. A ce coût, il faudra ajouter celui de la pose, entre 500 et 1 000 €. Si vous devez faire passer un conduit de fumée, les travaux alourdiront encore la facture.

Le poêle à accumulation, ou poêle de masse
C’est le plus performant des poêles : fabriqué en fonte et en matériaux réfractaires, il accumule la chaleur et la restitue longtemps sans avoir besoin d’être alimenté. D’où sa très grande autonomie : 1 ou 2 flambées quotidiennes permettent de chauffer « en douceur » la maison pendant 24 heures. Mais son prix est le plus élevé, entre 5 000 et 16 000 €.

La chaudière à bois
Elle fonctionne comme une chaudière classique en alimentant un circuit de chauffage central, seul le combustible diffère. Il existe deux catégories : la chaudière à bûches, à alimentation manuelle ou la chaudière à granulés à alimentation automatique, qui peut fonctionner à distance ou à des heures précises. Pour une chaudière manuelle, il vous faudra débourser entre 3 000 et 8 000 €. Pour une chaudière à granulés automatique, les prix vont de 13 000 à 20 000 €. Mais sa performance énergétique permet de réaliser de nettes économies sur votre facture de chauffage : son prix est rentabilisé en une dizaine d’années.

Les aides pour votre chauffage au bois

Votre décision est prise ? Plusieurs aides vont vous permettre de réaliser votre projet, à condition de faire installer votre appareil par un professionnel RGE.

Ma PrimeRenov’

En 2023*, cette aide va de 800€ versés à un ménage aux ressources intermédiaires pour un foyer fermé ou insert, à 2500 € versés à un ménage très modeste pour un poêle à bois, et jusqu’à 10 000€ pour une chaudière bois à granulés à alimentation automatique.

La « prime énergie » ou CEE (certificat d’économie d’énergie)

Proposée pour les fournisseurs d’énergie, elle est attribuée sans conditions de ressources, mais son montant varie en fonction des revenus*. Un ménage modeste peut ainsi obtenir jusqu’à 4000 € pour l’installation d’une chaudière à granulés.

La prime “Coup de pouce chauffage”

Vous y avez droit pour le remplacement d’une chaudière à énergies fossiles par une chaudière à bois (dite biomasse), ou un appareil à bois performant labellisé Flamme verte. Les montants vont de 450 € à 5000 € selon les appareils et les revenus.

Les autres aides

La TVA réduite à 5,5% s’applique aussi, sous réserves que votre logement soit  achevé depuis plus de deux ans.
Enfin, vous pouvez solliciter des aides financières locales, cumulables.

*Source : Anah – Les aides financières en 2023

Un crédit vous engage et doit être remboursé. 
Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.

(1)  Offre soumise à conditions, et dans les limites fixées par l’offre de crédit, sous réserve d’acceptation de votre dossier par l’organisme prêteur, la CASDEN Banque Populaire. L’emprunteur dispose du délai légal de rétractation.

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