Un classement construit sur trois critères
La note de A à G attribuée à un logement repose sur :
- Sa consommation d’énergie: chauffage, eau chaude, éclairage ;
- Ses émissions de gaz à effet de serre: la quantité de CO2 rejetée selon le type d’énergie utilisé (gaz, fioul, électricité…) ;
- Les caractéristiques de son bâti: isolation des murs, toiture et fenêtres, type de chauffage et de ventilation, surface et orientation.
Depuis sa mise en place en juillet 2021, le calcul de la note s’appuie sur la consommation réelle exprimée en kWh/m²/an.
Le DPE est valable dix ans, sauf réalisation de travaux modifiant significativement la performance du logement.
À quoi sert le classement de A à G du DPE ?
Conçu pour rendre le DPE plus lisible et fiable pour les particuliers, le classement remplit plusieurs fonctions essentielles.
Il permet d’identifier les « passoires thermiques » (classes F et G). Les logements classés G sont interdits à la location, sauf après travaux de rénovation, depuis 2025. Ils seront suivis des classés F en 2028 et E en 2034.
Le classement détermine l’éligibilité aux dispositifs d’aides comme MaPrimeRénov’ (voir le dernier article sur l’évolution du dispositif), les CEE, ou les aides locales. Pour accéder au parcours par geste de MaPrimeRénov’, les passoires thermiques (F et G) bénéficient d’un sursis jusqu’au 31 décembre 2026. À partir de 2027, elles devront obligatoirement passer par le parcours accompagné (rénovation d’ampleur).
Le DPE informe acheteurs et locataires sur les coûts énergétiques à venir et oriente les travaux prioritaires. Un bon classement, c’est moins de déperditions de chaleur, des factures réduites, une valeur patrimoniale renforcée et des possibilités de location élargies. C’est un outil incitatif qui permet aux propriétaires d’engager les bons travaux et aux locataires de mieux choisir leur logement. Obligatoirement annexé au bail depuis 2007, il permet aux locataires d’anticiper leurs charges et, si nécessaire, d’exiger des travaux d’amélioration, avec pour objectif un parc locatif plus performant et moins coûteux à chauffer ou à refroidir.
2026 : un nouveau calcul qui reclasse des centaines de milliers de logements
La réforme du 1er janvier 2026 introduit une baisse du coefficient de conversion de l’électricité, passant de 2,3 à 1,9, alignée sur les standards européens.
Cette révision corrige un biais qui pénalisait les logements chauffés à l’électricité, énergie fortement décarbonée, au profit du gaz ou du fioul importés.
Conséquence directe : jusqu’à 850 000 logements pourraient sortir des classes F ou G sans aucuns travaux.
Les DPE établis avant 2026 restent valables dix ans. Toutefois, si le nouveau calcul est plus favorable, il est possible de mettre à jour gratuitement son étiquette, sans nouvelle visite d’un diagnostiqueur, en quelques clics via le site de l’ADEME en renseignant le numéro de diagnostic ou d’audit actuel.
Moins de factures, moins de CO2
La réforme 2026 rééquilibre le DPE pour mieux cibler les logements les plus émetteurs. Le secteur du bâtiment représente près d’un quart des émissions nationales de gaz à effet de serre.
Le gain automatique d’une ou deux classes pour les logements chauffés à l’électricité a des effets concrets immédiats : valeur du bien en hausse, sortie éventuelle des restrictions liées aux classes F et G (notamment la location).
La réforme encourage également le remplacement des chaudières fossiles (gaz, fioul) par des pompes à chaleur (voir l’article Installer une pompe à chaleur dans son logement), solution décarbonée et efficace énergétiquement pour chauffer et climatiser les habitations, ou des systèmes électriques, avec des aides disponibles via MaPrimeRénov’ et les certificats d’économies d’énergie (CEE).
Séverine Bellina, réseau Service public
Pour aller plus loin :
Un nouveau DPE au 1er janvier 2026 pour favoriser le chauffage électrique
Foire aux questions sur le DPE et la modification du facteur de conversion en énergie primaire
Annuaire des diagnostiqueurs certifiés
(1) Offre soumise à conditions, et dans les limites fixés par l’offre de crédit, sous réserve d’étude et d’acceptation de votre dossier par l’organisme prêteur, la CASDEN Banque Populaire. L’emprunteur dispose du délai légal de rétractation.