Le moral des fonctionnaires chute mais leur engagement résiste selon le baromètre annuel de la CASDEN réalisé par BVA-IPSOS
17 juin 2026

 Le moral des fonctionnaires chute mais leur engagement résiste selon le baromètre annuel de la CASDEN réalisé par BVA-IPSOS

À l’occasion de la journée mondiale de la Fonction publique, la CASDEN Banque Populaire dévoile les résultats de son baromètre annuel réalisé par Ipsos BVA*. Après le rebond observé en 2025, le moral des agents repart à la baisse : 54 % affichent un bon moral, en recul de 8 points en un an. Pourtant, l’engagement ne faiblit pas : 87 % des agents se sentent utiles à la société, 84 % fiers de leur mission et 63 % recommanderaient malgré tout la Fonction publique à un proche.

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Une baisse généralisée et inégale selon les profils

Le moral des fonctionnaires recule nettement en 2026 : 54 % des agents affichent un bon moral, contre 62 % en 2025 (-8 points). La baisse touche la quasi-totalité des profils, mais de façon inégale. Elle est particulièrement marquée dans la Fonction publique d’État (-12 points), chez les agents de catégorie B (-15 points) et chez les moins de 30 ans (-12 points), tandis que la Fonction publique hospitalière résiste (59 %, -1 point). Ce reflux intervient dans un contexte d’incertitudes économiques et politiques et de contraintes budgétaires accrues.

Des agents fiers et utiles en dépit d’un manque de reconnaissance

Malgré ce climat, l’attachement à la mission est certain : 87 % des agents se sentent utiles à la société et 84 % fiers de leur mission, des niveaux élevés et stables. Deux tiers se disent épanouis (69 %) et motivés au quotidien (68 %). Les fondamentaux du statut restent largement valorisés : la garantie de l’emploi (92 %), le service de l’intérêt général (91 %) et la solvabilité de l’employeur public (86 %) arrivent en tête devant les possibilités de mobilité interne (77 %, leur plus haut niveau). En revanche, la reconnaissance fait toujours défaut : seuls 38 % des agents se sentent reconnus par la société et 36 % valorisés.

Un pessimisme qui reflue, mais reste majoritaire

61 % des fonctionnaires se déclarent pessimistes quant à leur avenir : un chiffre encore majoritaire, mais en recul de 5 points par rapport à 2025. Le pessimisme grimpe chez les enseignants (72 %) et les 50 ans et plus (66 %). La rémunération demeure le principal point négatif : 63 % des agents s’estiment mal payés (dont 15 % « très mal »), et 56 % peinent à boucler leurs fins de mois (+2 points).

Dans ce contexte, la rémunération au mérite gagne du terrain : 69 % des agents y sont désormais favorables, dont plus d’un quart « tout à fait » (+4 points), même si l’idée reste clivante chez les enseignants (52 % favorables, 48 % opposés).

 

Des conditions de travail toujours sous tension

Au quotidien, les contraintes s’accumulent : 77 % des agents pointent un manque d’information sur les décisions de leur administration, 75 % des procédures trop lourdes et autant une charge de travail excessive. 65 % dénoncent un matériel inadapté (+3 points). Fait préoccupant, près d’un agent sur deux (49 %) déclare subir des incivilités ou des agressions verbales d’usagers, un phénomène encore plus marqué chez les enseignants (67 %) et dans la Fonction publique hospitalière (61 %). Au total, 78 % des agents disent être confrontés, souvent ou parfois, à au moins la moitié de ces difficultés.

L’intelligence artificielle s’installe tandis que la formation peine à avancer

L’IA progresse fortement : 49 % des agents y recourent désormais dans leurs missions, soit +10 points en un an, dont 28 % d’utilisateurs réguliers (18 % en 2025). Mais l’accompagnement ne suit pas : 72 % des agents estiment ne pas être assez formés et seuls 19 % se sentent correctement formés (+5 points). Ce décalage entre usage et maîtrise, particulièrement net chez les jeunes, les enseignants et la catégorie A, premiers utilisateurs, interroge les dispositifs de formation. Même constat pour la dématérialisation, perçue positivement par 55 % des agents mais dont l’accompagnement des usagers reste jugé insuffisant (39 %).

Les enseignants, un corps engagé mais sous pression

Très investis (75 % épanouis et 74 % motivés, au-dessus de la moyenne), les enseignants n’en demeurent pas moins le corps le plus critique : 72 % se disent pessimistes pour l’avenir, 76 % dénoncent un matériel inadapté, 67 % subissent des incivilités et 47 % ne recommanderaient pas la Fonction publique. Un signal d’alerte que ce baromètre observe au fil des éditions.

Globalement, ce baromètre démontre une Fonction publique sous tension, mais loin du désengagement. Si le moral fléchit et les difficultés — rémunération, reconnaissance, conditions de travail — s’installent dans la durée, les agents restent profondément attachés à leurs missions, fiers de leur utilité sociale et, pour une majorité, prêts à recommander leur métier. Un équilibre fragile, qui invite à des réponses concrètes pour préserver l’engagement de celles et ceux qui font vivre le service public au quotidien.

 

Retrouvez les résultats complets de l’enquête.

 

*Méthodologie : Un échantillon de 1 000 fonctionnaires a été interrogé sur internet, du 14 au 24 avril 2026. Cet échantillon de Français, âgés de 18 ans et plus, répond à une méthode des quotas (sexe, âge, type de fonction publique et catégorie hiérarchique) afin de constituer un panel représentatif des fonctionnaires français.

 

Et dans votre newsletter de juillet, nous vous partagerons les résultats de vos réponses,  Sociétaires CASDEN, qui avaient été sollicités pour participer à cette même enquête.

 

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