La grande convergence du moral
Alors que l’écart de moral entre les Sociétaires et l’ensemble des fonctionnaires était très marqué l’an dernier (30% de bon moral contre 62%), l’heure est à la convergence. Aujourd’hui, 55% des Sociétaires affichent un bon moral, contre 54% pour les agents publics.
Ce rapprochement s’explique par un double mouvement : une nette reprise d’optimisme chez les Sociétaires et un net repli chez les fonctionnaires (-8 points). Néanmoins, 17% des Sociétaires font toujours état d’un moral « bas ».
Des agents ultra-engagés mais très pessimistes
Le point fort des Sociétaires ? Un dévouement hors norme. Comparés au panel des fonctionnaires, tous les indicateurs clés de l’engagement sont largement plus positifs :
- Motivation au quotidien : 75% (+7 pts vs les fonctionnaires)
- Fierté dans l’exercice de leur mission : 91% (+7 pts)
- Épanouissement professionnel : 72% (+3 pts)
- Sentiment d’utilité : 90% (+3 pts)
Pourtant, ils manifestent plus majoritairement un sérieux doute sur l’avenir du service public. 73% des Sociétaires se disent pessimistes quant à leur avenir (contre 61% des fonctionnaires) et 65% jugent la Fonction publique moins attractive qu’auparavant. Un profil plus âgé et une forte proportion d’enseignants expliquent en partie ce scepticisme. L’attachement au statut reste cependant solide : 60% d’entre eux recommanderaient leur métier à un proche.
Rémunération et manque de reconnaissance : les points de friction
Pour les 39% qui refusent de conseiller la Fonction publique à un proche, le facteur majoritaire est la rémunération (63%), loin devant le manque de reconnaissance (40%).
- rémunération : Comme l’ensemble des fonctionnaires, 3 sociétaires sur 5 se jugent mal payés (et jusqu’à 74% en catégorie C) ; 56% avouent peiner à boucler leur budget mensuel.
- Rémunération au mérite : Elle divise fortement. Seuls 54% des Sociétaires y sont favorables (contre 69% des fonctionnaires), l’opposition étant principalement portée par les enseignants.
- Le manque de reconnaissance : Le déficit de considération est criant. Seuls 25% des Sociétaires se sentent compris par les usagers (contre 36% des fonctionnaires) et à peine 15% s’estiment valorisés par les citoyens.
Un quotidien sous pression
Les difficultés rencontrées au quotidien dans l’exercice de leurs missions :
- Lourdeur administrative & manque d’info : dénoncés par 83% et 80% d’entre eux (vs 75% et 77% du panel fonctionnaires)
- Surcharge & manque de moyens : 80% pointent une charge de travail trop élevée et 67% des difficultés de recrutement (vs 75% et 63% du panel).
- Insécurité : Près de la moitié (48%) fait face à des incivilités ou des agressions verbales comme sur le panel Fonction publique (49%). Un chiffre qui grimpe à 60% dans les hôpitaux et à 52% chez les enseignants.
Intelligence Artificielle : le besoin urgent de formation
Les Sociétaires déclarent utiliser l’IA à 44 % (contre 49% des Fonctionnaires), ils ne sont que 22% à le faire régulièrement.
Le principal frein ? Un manque criant d’accompagnement. Seuls 11% des Sociétaires s’estiment suffisamment formés à l’IA (contre 19% des fonctionnaires). Le décalage est par exemple flagrant chez les agents territoriaux : si 46% utilisent l’IA, seulement 1 sur 10 s’estime formé.
Transition écologique : les Sociétaires prêts à mener le combat
Face au changement climatique, l’inquiétude domine largement (64% d’émotions négatives). Mais loin de se résigner, les Sociétaires veulent agir.
77% d’entre eux estiment avoir un rôle actif à jouer dans la transition environnementale – un chiffre qui surpasse largement les 65% globalement observés chez les fonctionnaires. Mieux encore, 22% qualifient ce rôle de « central » (contre 14% des fonctionnaires). Les sociétaires sont prêts à s’engager, si on leur en donne les moyens.
Etude réalisée du 24 avril au 8 juin 2026 par internet. 3419 répondants.
Retrouvez l’étude complète ici
Les résultats du baromètre national réalisé sur un panel d’agents de la Fonction publique sont disponibles dans notre précédent article.