Découverte d’un métier du service public : secrétaire générale de mairie
19 mai 2026

Découverte d’un métier du service public : secrétaire générale de mairie

Noémie Drillaud est secrétaire générale de mairie depuis 2018… Et adore son métier ! En poste à mi-temps dans deux petites communes du Tarn (Rayssac, 234 habitants, et Miolles, 108 habitants), elle est également présidente de l’Association départementale des secrétaires de mairie du Tarn (ADSM81). Elle nous raconte son quotidien, entre citoyens et dossiers menés avec les élus.

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En quelques mots, qu’est-ce qu’une secrétaire générale de mairie ?

Notre métier consiste en du secrétariat, mais du secrétariat pluridisciplinaire, que l’on peut comparer à du secrétariat dans une petite PME : nous sommes à la fois à l’accueil du public, mais aussi à la gestion de l’administratif lié à l’urbanisme, l’état civil, au juridique, etc.

C’est un métier spécifique aux petites collectivités, jusqu’à environ 2 500 habitants : nous sommes donc dans des petites équipes municipales, et souvent seules à l’administration. Dans les mairies plus grandes, qui sont organisées par services, l’équivalent de notre poste serait les Directeurs généraux des services (DGS) – même si eux n’ont pas en charge l’accueil du public.

Quelles sont vos missions ?

D’un côté nous accueillons et accompagnons le public, de l’autre nous travaillons avec les élus, sur tout ce qui touche à l’administration locale : conseils municipaux, urbanisme, comptabilité, etc.

Par exemple, en urbanisme, nous travaillons avec les élus sur l’élaboration des Plan locaux d’urbanisme (PLU), nous les assistons dans la réflexion sur les zones à définir… Et nous accueillons aussi les usagers qui se renseignent ou souhaitent déclarer des travaux.
Face à la disparition des services de proximité, nous sommes souvent le premier interlocuteur dans les communes. Nous faisons ainsi le lien avec d’autres administrations : services instructeurs, Maisons France Service, communautés de communes, etc.

A quoi ressemble une journée type d’une secrétaire de mairie ?

Nous sommes tout le temps entre cet accueil du public et la gestion des dossiers complexes. Chaque jour, nous avons un certain nombre de citoyens qui viennent nous voir. Le reste du temps, nous sommes sur nos dossiers de fond. Notre journée dépend donc du nombre de personnes qui viennent, et de l’organisation de la mairie. Par exemple, certaines ferment au public un jour où il y a la secrétaire générale de mairie, pour pouvoir travailler sur les dossiers de fond.

Pourquoi avez-vous souhaité faire ce métier ?

J’ai toujours eu la volonté de servir le public. Au lycée déjà, je voulais faire ça : je vivais dans un petit village et j’ai vu la même secrétaire de mairie toute mon enfance… C’est d’ailleurs elle que je suis allée voir pour m’orienter ! Je ne vais pas dire que c’est une vocation, mais c’est un métier que j’ai toujours eu à cœur, en particulier pour ce lien au public.

Quelle formation avez-vous ?

J’ai commencé par un DUT Techniques de commercialisation, mais ça ne me convenait pas. Je me suis donc réorientée vers les métiers de l’administration. J’ai d’abord étudié à l’université d’Orléans, avec une composante Administration. Ensuite, j’ai fait un master Management des organisations territoriales à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour. J’ai été embauchée dans les deux mairies en 2018.
Mais mon parcours mène plutôt, normalement, à des postes avec des responsabilités de personnel. Toutes les secrétaires générales de mairie n’ont pas de master ! Souvent, elles viennent du secrétariat. Il existe aussi beaucoup de formations courtes, vraiment spécifiques au métier de secrétaire générale de mairie. Le CNFPT en propose pour répondre à la pénurie que l’on a dans ce métier.

 

Qu’est-ce qui vous plaît dans votre métier ?

D’abord et avant tout, le contact avec les citoyens. Ensuite, j’aime aussi la diversité des sujets sur lesquels on travaille, la pluridisciplinarité. Le fait aussi d’être sur deux mairies me plaît aussi : ce ne sont pas les mêmes équipes, pas les mêmes problématiques, je change d’environnement. Enfin, je trouve aussi que c’est un métier où l’on voit le résultat de son travail : on voit la commune évoluer, et c’est très satisfaisant.

Quelles sont les difficultés de ce métier ?

Le fait d’avoir plusieurs employeurs peut être une difficulté : il faut de bons outils pour garder le fil, et cela donne une certaine charge mentale. C’est aussi un métier où l’on manque facilement de temps, ce qui nous empêche parfois de bien accompagner les usagers. Nous sommes aussi limitées dans l’aide que nous pouvons leur apporter : parfois, ce sont d’autres administrations qui peuvent les aider. Il y a également une vraie surcharge de travail liée à la dématérialisation : des mises à jour, de nouveaux logiciels… Et nous devons sans cesse nous adapter, nous approprier de nouvelles règles ou procédures. Enfin, nous sommes souvent à temps partiel sur plusieurs mairies qui peuvent être éloignées, ce qui engendre des frais et du temps de déplacement. Ce n’est néanmoins pas mon cas, car les mairies dans lesquelles j’exerce ont accepté que je fasse des journées entières plutôt que des demi-journées.

Pourquoi avoir créé l’ADSM81 ?

Nous l’avons créée en 2023 avec le soutien de Sylvie Gilbel, initiatrice du projet au niveau national. Au départ, l’idée était avant tout de défendre notre statut au niveau national. Il y a en effet un vrai problème de reconnaissance de ce métier. Jusqu’à récemment, nous étions recrutées en catégorie C, alors que c’est un métier complexe, difficile, technique, plus large que du secrétariat – sans aucune dévalorisation de ce métier, c’est simplement différent – qui nécessite de connaître une multitude de sujets. Récemment, une loi nous a fait passer de « secrétaire de mairie » à « secrétaire générale de mairie », et nous sommes désormais recrutées au moins en catégorie B. Ce n’est pas suffisant, mais c’est un début.

La seconde raison d’être de cette association est de pallier la solitude des secrétaires générales de mairie du département, et de faciliter leur travail. Elle nous permet d’échanger sur nos problématiques quotidiennes, mais aussi de faire remonter des choses à l’État collectivement, d’ouvrir un dialogue. Nous avons par exemple un groupe WhatsApp dans lequel nous posons nos questions. Si elles sont récurrentes, nous prenons contact avec la Préfecture et donnons une réponse à tous. C’est vraiment une association métier.

Pour vous, quelles compétences ou envies faut-il pour faire ce métier ?

Je pense qu’il faut avant tout avoir la volonté de servir le public et de s’investir. C’est un métier qui est prenant, et complexe : il faut donc vraiment apprécier ce lien au public pour tenir. Il ne faut pas avoir envie d’être seul face à des dossiers toute la journée : l’aspect humain est essentiel.

Un conseil à quelqu’un qui voudrait faire ce métier ?

C’est un métier que j’aime, mais qui peut être compliqué. Je pense donc qu’il est important de rencontrer des secrétaires avant de se lancer, pour se rendre compte des difficultés… Et être sûr de son choix.

 

Propos recueillis par Julie Desbiolles, Réseau Service Public

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