Policier, gendarme : quelles différences ?
Policiers et gendarmes ont des missions assez similaires : maintien de l’ordre, sécurité, enquêtes, etc. Les différences principales tiennent au fait que les policiers sont des fonctionnaires civils de l’État, tandis que les gendarmes sont des militaires – et dépendent donc du ministère de l’Intérieur, comme les policiers, mais aussi de celui des Armées.
Ils diffèrent aussi par leurs lieux d’intervention : la gendarmerie est plutôt en zone rurale ou périurbaine, la police nationale plutôt en zone urbaine. Ils ont aussi, chacun, des missions qui leur sont spécifiques : lutte contre le crime organisé, maintien de l’ordre en zone urbaine (CRS), police des frontières pour la Police, tandis que la Gendarmerie est en charge de la lutte contre le terrorisme, la sécurité en montagne et en mer, etc. Côté salaires, ils sont équivalents… Même si les gendarmes bénéficient d’un peu plus d’avantages, notamment en matière de logement.
Ainsi, passer de l’un à l’autre corps peut être motivé par diverses raisons : développer des compétences ou assurer de nouvelles missions, changer d’équipe, de lieu de vie (par exemple de la ville vers la campagne)… Ou tout simplement découvrir de nouvelles choses.
La passerelle statutaire : c’est quoi ?
C’est pour donner de nouvelles opportunités de mobilité professionnelle aux gendarmes et aux policiers qu’est né le dispositif de « passerelle statutaire » en 2011, suite à la loi n°2009-972 du 3 août 2009 relative à la mobilité et aux parcours professionnels dans la Fonction publique. Il consiste à permettre le détachement d’un gardien de la paix dans le grade de gendarme (ou le contraire) pendant une période donnée, en vue d’une intégration définitive.
Ce dispositif reste assez méconnu : dans un rapport de janvier 2025, la Cour des Comptes estime que ce sont chaque année une cinquantaine de personnes qui en bénéficient. En revanche, il est plutôt efficace puisque les chiffres montrent que très peu de gendarmes ou policiers réintègrent leur force d’origine.
Passerelle statutaire : comment ça marche ?
Ce dispositif consiste en un détachement d’un ou deux ans, reconductible. À tout moment, le policier ou le gendarme peut réintégrer son corps d’origine. Mais s’il est satisfait, et que son administration d’origine et d’accueil sont d’accord, il peut être intégré définitivement à la fin du détachement.
Pour y accéder, la démarche est simple. Chaque année, une cinquantaine de postes sont ouverts lors d’une « campagne de passerelles » dans l’un et l’autre corps. Les candidats intéressés déposent un dossier de candidature, qui est ensuite étudié par les Ressources humaines des administrations d’origine et d’accueil. La sélection se fait selon divers critères : profil, motivation, parcours professionnel, besoins du service… À l’issue du processus, les candidats retenus doivent simplement suivre une formation de trois mois avant leur prise de poste.
N’importe quel policier ou gendarme peut déposer un dossier, avec néanmoins quelques conditions : être titulaire (militaire ou fonctionnaire d’État), avoir quatre ans d’ancienneté minimum, être à jour de ses obligations professionnelles et disciplinaires, et avoir l’accord des deux administrations : celle que l’on quitte et celle que l’on veut rejoindre.
Comment se lancer ?
Pour accéder au dispositif, l’idéal est de se rapprocher du service Ressources humaines de son administration : celui-ci pourra prévenir de l’ouverture des « campagnes de passerelles »… Mais aussi, éventuellement, faire découvrir d’autres dispositifs de mobilité !
Séverine Bellina, réseau Service public